VIVEZ L’EXPERIENCE

UNE HISTOIRE

DE PASSIONNÉS

Olivier Darras

Minh-Tri Phan

Bruno Coffinières

L'équipe Break Events

Une histoire de passionnés…

Attachés à la région, aux bons vins et aux hommes qui travaillent la vigne, Olivier Darras, Minh-Tri Phan et Bruno Coffinières ont souhaité perpétuer un événement viticole majeur à Montpellier.

Pour eux, l’un des plus grands vignobles du monde doit pouvoir compter sur une vitrine régionale pour attirer des acheteurs nationaux et internationaux. Un salon professionnel qui offre à tous les vignerons du bassin méditerranéen une visibilité et une proximité avec leurs clients. La possibilité de visiter les domaines et la mise en avant des activités oenotouristiques contribuant à l’essor et au dynamisme du secteur d’activité et de la région. L’objectif est là.

Un salon où l’on partage des valeurs communes de plaisir, d’authenticité et d’innovation. Une histoire de passionnés dévoués à un secteur d’activité. Un salon au service d’hommes et de femmes qui, chaque jour, parcourent leurs vignobles pour en sortir l’excellence.

Un salon 100% Méditerranéen…

EXPORTATION

DES VINS 

Entre préoccupations sanitaires et modifications des moments de consommation, les opportunités d’affaires restent nombreuses Malgré une forte compétition entre pays producteurs, les experts restent confiants pour les exportations françaises et européennes qui devraient être préservées par la forte demande pour les vins ayant une indication géographique…(source Business France)

Les habitudes de consommations évoluent. Entre encrage culturel et nouveaux styles de vie favoriser par une augmentation globale du pouvoir d’achats dans certains pays, les nouveaux consommateurs de vins s’initient. Ils s’approprient des marques et s’intéressent de plus en plus à la qualité du vin, aux méthodes de productions, aux domaines viticoles.

En contact permanent avec des acheteurs internationaux, Break Events, organisateur de VinOmed, a pu constater une volonté forte des acheteurs d’être présent à cette manifestation regionale. Aussi des délégations seront invitées.  

PARCOURS

OENOTOURISME

Avec plusieurs millions d’œnotouristes par an, les enjeux économiques liés à l’œnotourisme sont importants tant dans le développement touristique de la région que pour doper les ventes des vins. Il s’agit, dès lors, d’une filière clé pour la destination. Aujourd’hui le voyageur est en quête de sens, thématise son séjour, recherche de nouvelles expériences.

L’œnotourisme participe pleinement à cette tendance. Bien que la visite de caves et les dégustations restent les pratiques les plus répandues, depuis quelques années la France connait un véritable renouveau par les expériences proposées par les professionnels visant à se rapprocher au plus près des consommateurs. L’œnotourisme est un secteur très dynamique où les marges de développement sont importantes. La promotion, le renforcement de la qualité de l’offre, sa visibilité auprès des acteurs d’offres touristiques (tour-opérateurs, agences de voyages) constituent des prérequis nécessaires à toute commercialisation.

Vinomed met en avant les producteurs offrant des prestations liées à l’œnotourisme. Ils bénéficieront d’une signalétique particulière sur leur stand et sur le plan du salon. Chaque visiteur pourra ainsi suivre un véritable parcours œnotourisme en sillonnant les allées. Un programme de conférences dédié pour les producteurs et tous les acteurs de l’œnotourisme est également en cours d’élaboration.

REGARD

SUR…

Interview

Jean-Marie Nadal ,
Château Nadal Hainaut

Dans cet écrin naturel, Jean-Marie Nadal, créateur de vins Bio et sans sulfites, entouré de son épouse et de ses trois filles, cultive ses vignes dans une démarche eco-responsable…

Publication Break Events Group, 20 octobre 2021
Propos recueillis par :
Bruno COFFINIERES

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Le château Nadal Hainaut en Roussillon, créateur de vins Bio et sans sulfites dans une démarche éco responsable.

L’histoire d’un domaine familial depuis 1826, et viticole depuis 1900

La famille Hainaut acquiert le prieuré en 1826 et elle bâtit le domaine viticole. Le château nait en 1900 lorsque Thérèse Hainaut se marie avec François Nadal et qu’une nouvelle vigne est plantée : du Carignan aujourd’hui centenaire. Depuis 1826, 5 générations se suivent : « Jean-Marie Nadal, mon père fait partie de la 5ème génération. Nous sommes la 6ème mes deux sœurs et moi » précise Julie Nadal.

Jean-Marie Nadal a le regard sur la vigne, l’expérience, il s’occupe avec soin de la viticulture et dirige la vinification. Il est entouré de son épouse Martine Nadal et de ses trois filles, Julie, Pauline et Marie-Luce.

 « Je suis née au domaine. J’ai fait mes études à Montpellier et rapidement je me suis installée puis je suis revenue au domaine il y a 3 ans pour rejoindre mon père Jean-Marie et ma sœur Pauline. Je m’occupe de la production et de la commercialisation. Pauline gère les créations de nos étiquettes bio sourcées qui sont imaginées chez nous et fabriquées à proximité. Elle s’occupe aussi de la production, des achats de matière sèche, de la mise en bouteille. Marie-Luce vit à Paris et aux USA mais elle est bien présente au domaine pour les moments forts.

Mes parents ont su relever de nombreux défis. Martine Nadal est responsable de la diversification de l’activité vers l’œnotourisme et l’évènementiel amorcée en 2005. Elle assure la gestion du domaine et la partie oenotouristique » ajoute Julie Nadal.

Un site préservé

Avec ses 43 ha de vignes au sein d’un site préservé de 120 ha constitué de parcs, de sources d’eau naturelles, d’étendues d’eau, de l’ancien prieuré cistercien Sainte Eulalie et d’une chapelle du XIIème siècle, le château Nadal Hainaut se situe à 10 mn de Perpignan au cœur de la plaine du Roussillon. Une terre entre mer et montagne dans un terroir argilo-limoneux et de galets roulés de rivière. Les vignes plantées de Chardonnay, Carignan centenaire, Muscat Petit Grain et d’Alexandrie, Syrah, Grenache Noir, Grenache Gris, Cabernet-Sauvignon, Merlot et Macabeu bénéficient du climat tempéré Catalan.

 

Un vignoble converti en agriculture biologique dès 2010

Dans cet écrin naturel, Jean-Marie Nadal, entouré de son épouse et de ses trois filles, cultive ses vignes en agriculture biologique depuis 2010 et élabore ses vins rouges, rosés, blanc et doux « dans le plus grand respect de la terre et du vivant ». Plus de 130 000 bouteilles de vins de cépages, d’AOP côtes du Roussillon, d’IGP Côtes Catalanes, et de Vins doux naturels sont embouteillées au domaine chaque année sous le strict cahier des charges du label AB Ecocert – Agriculture Biologique. « Nos vins sont à la fois élégants et structurés. Leur atout, c’est qu’ils présentent un véritable potentiel de garde, tout en étant prêts à être consommés rapidement : ce sont des vins modernes. Nos blancs et rouges en bio sont régulièrement médaillés. »

De l’arrivée des raisins en cave jusqu’à la mise en bouteille, chaque étape est réalisée au domaine. La cuverie inox de dernière génération a été construite il y a 3 ans.

« Nous maitrisons ainsi nos températures sur chacune de nos cuves, un véritable avantage pour nos rosés et blancs. Une filtration sur céramique offre une grande stabilité et un véritable potentiel de garde sur l’ensemble de nos vins. Enfin, nous venons d’acquérir à un générateur d’azote. L’azote naturellement présent dans l’air est ainsi récolté et utilisé afin de protéger nos vins de l’oxydation quand cela est nécessaire, nous créons alors des vins sans sulfites ajoutés. Une partie de la cuverie a été conservée en béton pour l’élevage de certains de nos vins rouges » indique Julie Nadal.

 

L’activité Oenotouristique du domaine

Le domaine, labellisé qualité tourisme – sud de France, propose une activité oenotouristique depuis 15 ans : visites, dégustations et différents ateliers sont proposés tout au long de l’année pour les visiteurs. Le domaine propose également une offre événementielle : organisation de réunions ou de colloques professionnels ainsi que la location de salles de réceptions et du gite 4 épis pour les mariages et autres festivités.  « Nous avons également une boutique ouverte toute l’année. Nous mettons aussi notre chapelle à disposition pour des associations, pour des concerts et des expositions artistiques ».

 

De nouveaux marchés en 2020

La production est vendue pour 1/3 chez les cavistes et CHR régionaux, 1/3 à l’export et 1/3 à la propriété au caveau. « Nous souhaitons développer le national et les grossistes hors département ». A l’export, le château Nadal Hainaut commercialise ses flacons au Japon, aux USA, au Danemark, en Allemagne, au Panama, en Belgique et en Pologne, « certains de ces marchés ont été développés en 2020 et 2021 dans le contexte sanitaire difficile que nous connaissons. Nous avons embauché une responsable export pour cela » ajoute Julie Nadal.

 

Composer entre le digital et le physique

« Pendant les confinements liés à la crise sanitaire, nous étions derrière nos ordinateurs. Nous avons participé à plusieurs événements digitaux dédiés à l’export dont un Tastywines Online en Corée du Sud organisé par Break Events. Cette prospection a porté ses fruits car nous avons ouvert plusieurs pays, des marchés importants, et nous avons diversifié notre clientèle. Travailler ainsi de chez soi, c’est extraordinaire. La visibilité sur internet, les réseaux sociaux, c’est très important. On a vu aussi l’importance de l’emballage, de l’étiquette et du sens et de l’histoire que porte le vin. Désormais, il faudra composer entre le digital et le physique ».

 

Vinomed, un salon, pour se voir, se soutenir et tisser des liens

Pour Julie Nadal : « Ce contact physique est primordial pour déclencher une vente et nous avons besoin de tisser des liens. Les salons en présentiel comme Vinomed seront plus que nécessaires à ce titre.  Je suis contente d’y participer. Ce n’est pas très loin de chez nous et nous en profiterons pour nous retrouver entre vignerons et vigneronnes. Se voir, se soutenir, c’est important.  Ces échanges sont précieux ».

 

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Publication Break Events Group, 20 octobre 2021

Propos recueillis par : Bruno COFFINIERES

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Chateau de L'Ou  participe à VinOmed

Interview

Thierry Thomas ,
Mas du Novi

Le domaine fait partie des références du Languedoc Grès de Montpellier et IGP Oc. Le vignoble est à 100% en agriculture bio. Les cépages rouges sont majoritairement des syrahs, des grenaches et quelques…

Publication Break Events Group, 14 octobre 2021
Propos recueillis par :
Bruno COFFINIERES

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Le Mas du Novi, référence en Languedoc Grès de Montpellier présentera 2 nouvelles cuvées à VinOmed.

46 ha de vignes en AOC Languedoc Grès de Montpellier et IGP OC

Le Mas du Novi situé à Montagnac en Hérault à deux pas de l’Abbaye de Valmagne dont il est une ancienne dépendance est une propriété de 100 ha d’un seul tenant dont 46 ha de vignes. L’objectif étant d’atteindre 55 ha de vigne en production. A 8 km de la méditerranée et à 150 m d’altitude, son terroir très aride donne des vins minéraux, avec une note de  garrigue. L’influence maritime permet de supporter cette aridité, les vents de mer apportant un peu d’humidité. Le domaine fait partie des références du Languedoc Grès de Montpellier et IGP Oc. Le vignoble est à 100% en agriculture bio. Les cépages rouges sont majoritairement des syrahs et des grenaches et quelques mourvèdres, en blanc, des chardonnays et viognier.

« Nos vins sont assez structurés. Ils sont concentrés, puissants mais faciles à boire. La bouteille est vide à la fin du repas. Notre ligne directrice, c’est la note épicée de nos vins avec le poivre blanc et la garrigue » précise Thierry Thomas.

 

Une part de vinification en jarre, en amphores et dans des œufs en grès

Thierry Thomas est le gérant de ce domaine acheté en 1994 à l’état de ruine et dont les bâtiments et le vignoble ont totalement été rénové depuis. Historiquement, le domaine est l’ancienne Noviciat de l’abbaye de Valmagne toute proche et date du XIIème siècle. En 1994 le domaine se composait de 30 ha de vignes, aujourd’hui cette surface a été augmentée en allant sur la garrigue pour atteindre 46 ha.

 “Je suis œnologue. Je m’occupe des différentes cuvées, je les mets au goût du jour. Nous vinifions trois de nos neuf cuvées dans des jarres, des amphores, et des œufs de grés en céramique. Nos six autres cuvées sont vinifiées en cuve inox et en barriques. L’élevage en cuve inox et barrique est plus long que lorsqu’il est effectué en jarres, amphores, et œufs de grès. En un an le vin est prêt à être consommé” ajoute-t’il.

 

150 000 bouteilles dont 50 % à l’export

Le Mas du Novi produit 100 à 150 000 bouteilles par an qui sont commercialisées à 50 % en CHR sur la France et à 50 % à l’export (Europe, Asie, USA). « Le caveau est ouvert tous les jours, nous proposons des visites de chais, du parc, de la chapelle, nous organisons aussi des soirées ponctuelles pour nos clients, nous avons également une boutique de vente de 400 m² » indique Thierry Thomas. « En France nous vendons au CHR sur toute la France soit en direct soit via « Passion du Sud », une structure que nous avons montée en mars 2020 avec 7 autres vignerons ».

 

Tenir le cap malgré cette crise qui a tout changé

« La crise sanitaire a tout changé. Nous avons d’abord été obligé de travailler en décalage, on faisait des dégustations la nuit avec les USA et on enchainait ensuite sur une journée normale. On travaillera de plus en plus de cette manière hybride, il y aura moins de déplacements. Pendant la crise, nous avons vendu en Australie. J’ai réussi à initier ce marché en virtuel dans l’hémisphère sud. L’activité restauration qui représentait 40 % du CA a été perdue mais nous nous sommes redéployés sur l’export et nous avons travaillé le particulier de façon différente. Nous nous sommes réinventés, nous avons envoyé plus d’échantillons, nous avons prospecté différemment en utilisant beaucoup plus les réseaux sociaux. Au final, nous avons tenu le cap et terminé l’année en très légère progression » se réjouit Thierry Thomas.

 

Reprendre la vie d’avant

« Notre actualité ce sont deux cuvées récentes que nous n’avons pas encore présentées. Le V de Novi 2019, un blanc viognier élaboré à 50% en amphore et à 50% en barrique et le N. Black édition, une cuvée premium vinifiée en jarre et amphore. Ces deux cuvées seront présentées pour la première fois à Vinomed.

Salon auquel je participe avec mes collègues de « Passion du Sud ». Avec la reprise, nous sommes heureux de refaire un salon. On attend tous beaucoup de ce salon, ce sera l’occasion de reprendre la vie d’avant » conclut Thierry Thomas.

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Publication Break Events Group, 14 octobre 2021

Propos recueillis par : Bruno COFFINIERES

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Chateau de L'Ou  participe à VinOmed

Climat

Face au changement climatique, il existe des solutions à combiner dans les vignes 

Alain Deloire est enseignant-chercheur à l’institut Agro (Montpellier SupAgro). Il fait le point sur les conséquences du changement climatique sur la vigne et sur les pistes d’adaptation à explorer.

Publication MonViti.com, 30 sept 2021 
Par :
Emmanuelle Thomas

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Face au changement climatique, il existe des solutions à combiner dans les vignes

Alain Deloire est enseignant-chercheur à l’institut Agro (Montpellier SupAgro). Il fait le point sur les conséquences du changement climatique sur la vigne et sur les pistes d’adaptation à explorer.

Comment le changement climatique impacte-t-il la vigne ?
Alain Deloire :
 Le changement climatique génère plusieurs contraintes sur la vigne influençant le rendement comme les styles de vin produits : la sécheresse bien sûr, la hausse des températures (et notamment les vagues de chaleur) et de l’ensoleillement au niveau des grappes, mais aussi une très forte amplitude de variation entre millésimes. Nous en avons encore la preuve cette année. Cette différence entre les années complique encore les choses : d’abord parce qu’elle n’est pas prévisible et ensuite parce qu’elle cumule les difficultés pour la vigne : gel une année, sécheresse l’année suivante… ou les deux la même année. Ces changements ont non seulement une influence sur le rendement de l’année et peuvent poser des soucis de maturité, mais aussi gêner la mise en réserve carbonée. Au fil des années, la vigne risque de péricliter.

Quelles sont les solutions à court terme ?
A. D. :
 Quand on veut proposer des solutions, il faut connaître les problèmes liés aux seuils de contraintes et/ou au stress subi par la plante.
En ce qui concerne l’eau, la meilleure solution est l’irrigation. Cette dernière ne permet pas d’augmenter le rendement, mais d’atteindre celui décidé lors de la taille, de débloquer des situations de maturité difficiles, d’éviter des problèmes de pertes aromatiques et de garder une certaine fraîcheur aux vins. Quel que soit le cépage, y compris des cépages très tolérants à la contrainte hydrique comme l’assyrtiko, il faut entre 250 et 350 l d’eau au vignoble (calcul basé sur l’évapotranspiration d’un vignoble) pour obtenir 1 l de moût. Il n’est pas possible de descendre en dessous de ces valeurs, à moins de réduire la densité de plantation et le nombre de bourgeons fructifères par pied et donc les rendements et la surface foliaire associée (il faut environ 1 m2 de surface foliaire exposée pour faire mûrir 1 kg de raisin). Mais cela pose des questions de rentabilité. L’irrigation doit être raisonnée en stades phénologiques et en seuils, les besoins en eau variant au cours du cycle de la vigne. Les travaux menés en France depuis plus de vingt ans montrent que les apports d’eau raisonnés et au bon moment permettent de maintenir le rendement et de conserver le profil aromatique du vin, avec des apports de 50 à 100 mm sur le cycle de la vigne. En fonction du profil aromatique de vin souhaité, une trajectoire hydrique peut ainsi être définie.
Une vigne bien alimentée en eau peut également décrocher à cause d’une vague de chaleur. Nous commençons à constater ce phénomène, déjà identifié dans des pays comme Israël ou l’Australie, dans certains vignobles français. La hausse des températures fait croître la transpiration de la vigne et, à un moment, les racines ne peuvent plus fournir. Cela provoque un embolisme, c’est-à-dire une rupture de la conduction de l’eau dans les vaisseaux du xylème. Là aussi c’est une question de seuil: une température supérieure à 38 °C pendant plusieurs jours peut provoquer de l’embolisme (phénomène irréversible), aggraver les problèmes de sécheresse, fusiller les arômes, flétrir les baies et augmenter le degré alcoolique des vins. Il existe bien sûr des solutions sur le long terme : choix de l’encépagement (cépages locaux), choix du porte-greffe, vie des sols et matière organique. Par exemple, on ne fait pas plus performant que la combinaison grenache/110R !

Et vis-à-vis des températures ?
A. D. :
 Là non plus, n’y a pas de solution miracle, mais quelques idées dans la boîte à outils. Pour la température, certaines solutions, déjà mises en œuvre dans les vignobles chauds, peuvent également être appliquées chez nous, comme l’ombrage avec des filets, l’usage de kaolinite ou la brumisation. En Californie, l’université de Davis a montré que la pose de filet ombrière au-dessus des vignes permettait de réduire de 30 % les besoins en eau, par limitation de l’interception du rayonnement. Les ombrières-filets peuvent aussi se placer au niveau de la zone des grappes1.
L’agrivoltaïsme ou l’agroforesterie peuvent apporter également des réponses. Il est aussi possible de jouer sur l’architecture des pieds, sur la densité de plantation, sur la diminution de la surface foliaire exposée. Il y a en France un raisonnement qu’il faut bannir, liant densité de plantation élevée et qualité des vins.
L’architecture des pieds est une voie à envisager : en situation de climat chaud et sec, il faut aller vers des petits systèmes de conduite (gobelet, palmette). En situation chaude avec irrigation, comme en Afrique du Sud, on trouve plutôt des grands systèmes de conduite, en rideau simple ou double avec des rendements de 18 à 20 t/ha. Sur cette thématique, on peut signaler l’utilisation en Australie de la taille mécanique de vignes non palissées, qui augmente la surface foliaire exposée, génère des rameaux retombants créant un microclimat favorable au niveau des grappes les protégeant des excès de lumière et améliorant l’humidité de l’air. C’est physiologiquement très intéressant.

Quelles sont les possibilités d’action pour conserver le profil des vins ?
A. D. :
 Il faut travailler sur la date de vendange, cibler la fenêtre intéressante pour le profil produit souhaité, en se basant sur la dynamique de chargement en sucres dans la baie. Il faut bien comprendre qu’il existe deux sous-étapes pendant la maturation du raisin : un pré-plateau du chargement en sucres, un post-plateau. De manière assez constante, à partir de la véraison, chaque baie va accumuler des sucres pendant 28 à 30 jours, avant d’atteindre le plateau à 10-11°. Une fois le plateau atteint, la durée avant la vendange varie selon les cépages. En champagne, la vendange s’effectue 5 à 10 jours après le plateau pour rester sur la fraîcheur, alors que pour du merlot, par exemple, un profil fruits frais s’obtiendra avec une vendange à 10 jours après le plateau, et un profil fruits mûrs 20 jours après le plateau. Il faut calibrer la date de vendange en fonction du cépage et du profil aromatique de vin souhaité.
Il y a souvent confusion entre les notions de date de vendange et de maturité. C’est parce que la baie perd de l’eau en raison de la chaleur que la concentration en sucres et donc le pourcentage d’alcool augmentent, ce n’est pas une maturité plus rapide.

Quelle peut être l’influence de pratiques viticoles comme la taille tardive ou le tressage ?
A. D. :
 L’idée d’adapter la date de taille est intéressante, de façon à décaler les stades phénologiques de la vigne, dont l’entrée en véraison pour que le plateau de chargement en sucres se fasse à une période plus fraîche, et donne un vin plus aromatique. Deux choix sont possibles : soit tailler tard au moment du pré-débourrement (généralement durant les pleurs de la vigne), ce qui décale le débourrement d’une semaine mais pas forcément la véraison ; soit tailler tard en post-débourrement. Cette dernière solution fait appel au concept d’acrotonie des sarments de vigne non taillée. Le phyllochrone (vitesse d’apparition des jeunes feuilles) va dépendre des sommes de températures dès le débourrement. Il est important de savoir jusqu’à combien de jours post-débourrement il est possible de tailler pour décaler le démarrage des bourgeons de la base du sarment se développant tardivement du fait de l’acrotonie, tout en conservant une fertilité et un rendement acceptable. Les bourgeons du haut ayant démarré, les réserves carbonées ont été entamées. Cela se calibre en fonction des cépages et du climat. Par exemple, pour la syrah il est possible de décaler de 5 à 10 jours la taille post-débourrement, voire un peu plus en climat frais. Il est préférable de tailler post-débourrement et accepter 10 % de perte de rendement que de tout perdre en cas de gel. Mais l’inconvénient de cette pratique est que la fenêtre de taille est très courte et cela engendre des problèmes de logistique. Elle est donc à réserver aux petits vignobles, à certaines parcelles gélives, ou aux producteurs passés en taille mécanique du type taille rase de précision. L’effeuillage apical et le tressage sont des pratiques à suivre.

Un conseil pour « gérer » ce changement climatique et faire durer ses vignes ?
A. D. :
 Il est difficile d’anticiper le changement climatique : il ne s’agit pas uniquement d’une hausse régulière des températures, mais des à-coups entre années, impossibles à prévoir. À plus long terme, je pense qu’il est essentiel de bien gérer la vie des sols, trop longtemps négligée. D’une part, parce que la matière organique retient l’eau, d’autre part parce qu’il n’y a pas de pérennité de la vigne sur des sols morts. Et face à ce climat « déréglé », il faut faire preuve de flexibilité, cesser tout dogmatisme.

(1) www.wineaustralia.com/news/articles/drape-and-protect

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Publication MonViti.com, 30 septembre 2021 
Article paru dans Viti Leaders n°463 de septembre 2021
Publié par :
Emmanuelle Thomas

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Sophie Guinand, Domaine Guinand

Interview

Gilles Foussat,
Domaine Rose & Paul

Un domaine familial de 100 ha en Malepère, Pays d’Oc et IGP Côte de Prouilhe. Rose & Paul est un des gros domaines en Malepère, la propriété se situe à Arzens dans l’Aude

Publication Break Events Group, 30 septembre 2021
Propos recueillis par :
Bruno COFFINIERES

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Le Domaine Rose & Paul à Arzens dans l’Aude. Un domaine familial avec de l’ambition et des projets pour ses vins du cru Malepère.

Un domaine familial de 100 ha en Malepère, Pays d’Oc et IGP Côte de Prouilhe.

Rose & Paul est un des gros domaines en Malepère, la propriété se situe à Arzens dans l’Aude : « Nous sommes à Arzens, en face de la montagne noire, du côté viticole de Carcassonne. Nous élaborons des vins de fraicheur, fruités et épicés, des vins faciles à boire qui appellent et qui égayent les papilles avec beaucoup de minéralité, le calcaire amenant beaucoup d’épices, de poivre blanc » précise Gilles Foussat.

Avec ses 110 ha de vignes, le domaine commercialise 200 000 bouteilles par an en appellation Malepère (70 ha), et en vin du pays d’oc et IGP Cote de Prouilhe (40 ha). L’ensemble du vignoble est classé HVE (Haute valeur environnementale) niveau 3, 40 ha sont en bio et 20 en conversion. « Nous venons d’ailleurs de lancer une nouvelle gamme avec un nouveau domaine de 25 ha replanté en bio qui arrive en production » ajoute Gilles Foussat.

 

50% du vignoble en altitude

« Nous sommes sur le terroir de Carcassonne, avec une exposition au nord à 300m d’altitude, les vendanges sont plus tardives mais nous ne souffrons pas de la chaleur. L’encépagement est constitué de merlot, de cabernet franc, de malbec, et de cabernet sauvignon. Nous mettons aussi en avant des grenaches noirs et des cinsaults et nos vignes en altitude sont plantées de chardonnay. « 50 % du vignoble est en altitude. On recherche ces vignobles oubliés d’altitude qui sont très intéressants ». En France, la production est commercialisée à 70% chez les cavistes et la restauration (CHR, étoilés) via des agents commerciaux, à 10 % à l’export (Europe), la vente au domaine représente 20%.

 

Rose & Paul, une aventure familiale depuis 1780

Le domaine Rose & Paul est un domaine familial depuis 1780, Gilles Foussat appartient à la 5ème génération et ses 3 enfants, Emilie, Camille et Clément prendront la relève. « Le changement de nom a été opéré en 2008. Nous avons mis en place une nouvelle structure du prénom de mes grands-parents avec une refonte de nos gammes et en installant de nouveaux chais » ajoute t-il.

 

La vie au domaine est une véritable aventure familiale.

« J’ai grandi au domaine, mon père gérait 14 ha de vignes. Après une expérience de 10 ans dans une cave coopérative des corbières, je suis revenu au domaine en 1992. Depuis, nous avons grandi. Chez nous, les décisions se prennent en famille. Nos enfants sont impliqués, c’est une chance. Emilie ma fille ainée de 34 ans s’occupe du juridique, la seconde, Camille, 32 ans gère le commerce et le marketing et Clément, 28 ans s’occupe de la production et de la traçabilité. Il vinifie d’ailleurs en Australie tous les ans depuis l’âge de 21 ans. La relève est là. On bosse tous les jours pour eux et c’est passionnant. Il y a une suite, de l’ambition, des projets ».

 

La crise sanitaire, les confinements, il a fallu s’adapter

« Cette période n’a pas été facile. Nous avons passé le premier confinement tant bien que mal. Alors que les restaurants étaient tous fermés, nous avons réagi en développant la vente à distance. Nous nous sommes adaptés, les gens ont consommé. Le second confinement était plus difficile, les besoins n’ont pas été les mêmes. Le 1er trimestre de 2021 a été compliqué. Mi-avril, ça a redémarré sur les chapeaux de roues et nous avons comblé notre retard ».

 

Nous avons besoin des salons

« Les salons nous ont manqué à ce moment-là. Nous avons besoin des salons professionnels et je suis un fervent militant pour un gros salon à Montpellier en Languedoc. J’espère que Vinomed comblera ce manque car nos clients ont hâte de revoir un salon en Languedoc. Un salon dédié aux petits domaines, adapté à leur taille. Ce maillage de petits domaines fait vivre le Languedoc, il en est la richesse. Si Vinomed est attractif, alors la production répondra présent ».

 

Les 3 enseignements de la crise

« L’enseignement majeur de la crise que nous avons vécue, c’est d’abord une agriculture bio. Si on veut avoir accès à une clientèle directe c’est indispensable. En 2017, au syndicat du Cru Malepère (N.D.R. dont Gilles Foussat est le président depuis 2003), j’avais posé l’objectif de 80% de bio en Malepère en 2025. Cet objectif a été atteint en 2020 (bio ou reconversion). Nous sommes l’appellation française la plus engagée en agriculture bio ». Malepère en production, c’est 900 ha, 17 caves particulières et 2 caves coopératives. « Ensuite, il faut écouter et tenir compte des clients. La clientèle touristique a changé. Ils découvrent la France, descendent dans nos domaines, ils nous suivent et ils vont revenir. Il faut donc savoir les accueillir, ouvrir nos domaines, car la vente directe c’est de l’argent qui entre dans les caisses. En période de crise, c’est mieux. Enfin, le 3ème enseignement, c’est que l’agriculture propre incite les citadins à s’installer dans les villages ou dans les villages péri-urbains. Il faut donc s’ouvrir aux autres et plus communiquer ».

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Publication Break Events Group, 30 sept. 2021

Propos recueillis par : Bruno COFFINIERES

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Chateau de L'Ou  participe à VinOmed

Oenotourisme

Domaine Guinand 

Un escape game de plein air et des ziesels au domaine Guinand ! Sophie et Fabien Guinand ont diversifié les sources de revenus du domaine en misant sur les activités œnotouristiques…

Publication MonViti.com, 7 sept 2021 
Article par :
Séverine Favre

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Un escape game de plein air et des ziesels au domaine Guinand

Sophie et Fabien Guinand ont diversifié les sources de revenus du domaine en misant sur les activités œnotouristiques. En complément des balades vigneronnes, ils proposent des ateliers personnalisés et une chasse au trésor à mener en autonomie à travers les vignes avec l’aide d’une application sur Smartphone.

Lorsqu’elle intègre le domaine familial en 2017, Sophie Guinand souhaite confirmer l’orientation prise par son frère dix ans plus tôt : faire venir les particuliers au domaine Guinand, une propriété de 70 hectares située à Saint-Christol dans l’Hérault. « Fabien a été l’un des pionniers de l’œnotourisme dans la région, se remémore la vigneronne. Aux vacanciers du village vacances de Saint-Christol, il a proposé dès 2005 des balades vigneronnes gratuites en groupe et sur réservation. » Après deux heures et un peu plus de 2 km de marche, la visite se finit par une dégustation : du vin pour les adultes, des sirops dégustés à l’aveugle pour les enfants.

Des prestations clé en main et personnalisées

Depuis, Sophie Guinand a repris à sa charge cette activité. Le discours a été agrémenté de références historiques et économiques. « Saint-Christol compte 6 domaines particuliers et une cave coopérative ; mes collègues et nous tenons une place importante dans l’économie et la vie locales. Les balades sont aussi l’occasion de parler des engagements agroenvironnementaux du domaine, certifiés au travers du label Terra Vitis. »La vigneronne a aussi fait le pari de systématiser le rendez-vous. Tous les mardis à 10 heures en juillet et en août, la balade vigneronne est prévue dans son agenda.

« L’événement est ouvert à tous. L’activité hebdomadaire est référencée sur TripAdvisor et sur la plateforme de réservation œnotouristique Les Grappes. Nous avons posé une banderole dans le village, nous sommes référencés dans plusieurs offices de tourisme, les propriétaires des chambres d’hôtes du coin parlent de nous. Avec cette communication et ce réseau local, j’accueille en moyenne 40 personnes par visite, enfants compris ; 500 sur l’été. La logistique et le temps que je consacre à cet accueil sont rentabilisés par les ventes au caveau qui font suite à la dégustation. »

Des balades guidées privées sont aussi proposées pour des groupes à partir de 8 personnes. La visite est dans ce cas payante (10 ou 15 euros par personne selon la formule) et réalisable toute l’année sur réservation.

«Un tour-opérateur américain vient aussi au domaine. Quinze dates sont réservées chaque année, sauf en 2020 et de nouveau cet été. Cette régularité nous a donné l’élan pour investir dans du mobilier et dans la création d’une salle complémentaire au caveau. Elle est en cours de rénovation dans le corps de ferme. Nous l’avons pensée modulable afin qu’elle puisse servir à la fois de salle de réception et de salle de réunion. À partir d’octobre, cet espace nous permettra de recevoir confortablement en cas de mauvais temps, d’élargir nos périodes d’accueil et de consolider certaines de nos offres œnotouristiques. Nous avons en effet de nombreuses demandes d’entreprises en séminaire auxquelles nous proposons une prestation clé en main. Sur place, les participants peuvent se restaurer grâce à un partenariat que nous avons fixé avec un traiteur local et le boulanger du village, et faire des activités ludiques de team building au domaine. »

Trottinettes et ziesels

À côté des initiations « vendanges », des ateliers d’assemblage sont proposés de septembre à novembre. Sur une heure, par groupe de 8 personnes maximum, les équipiers sont invités à tirer quatre bruts de cuve blancs, à les déguster un à un et à réaliser deux assemblages.

« Ils ont quinze minutes pour se mettre d’accord sur les proportions. Mon frère déguste les vins, il commente les profils et essaie de deviner les assemblages. C’est une expérience conviviale, rare et très différenciante. Nous pensons l’ouvrir plus largement au public au tarif de 15 euros par personne », détaille Sophie Guinand.

Pour compléter l’offre des activités d’accueil au domaine, Sophie et Fabien Guinand proposent d’organiser des Œnorandos en trottinette électrique avec repas et dégustation de vins ; le tout en partenariat avec un prestataire à la fois guide et loueur et le traiteur précédemment mentionné. Des ziesels sont aussi disponibles en réservation. Vous ne connaissez pas les ziesels ? Ce sont des véhicules électriques à chenilles, sortes de quads pilotés avec des manettes. « Nous avons un circuit de terre sur un terrain de 1 500 m² dédié. C’est une activité qui plaît aux jeunes en vacances dans le coin et pour les enterrements de vie de garçon. Nous facturons la session d’une heure 130 euros par personne. Une partie du montant revient au loueur de ziesels auquel nous faisons appel. 

L’activité en elle-même n’a aucun lien avec notre métier, mais elle attire un public qui ne serait pas venu au domaine pour acheter nos vins. »

Élargir la clientèle est un des objectifs de Sophie Guinand aux travers des activités œnotouristiques. L’escape game en plein air le permet. Depuis juin 2019, une chasse au trésor est géolocalisée dans les vignes du domaine Guinand. Dans ce jeu de piste sur fond historique, les joueurs retournent dans le passé, « en 1830 pour aider Louis Coustan, notre ancêtre, à retrouver la Terre Oubliée et à sauver les secrets de fabrication de cette cuvée éponyme, raconte Sophie Guinand. Le parcours de 4 km entre les vignes et le village est l’occasion de découvrir le paysage et l’histoire de Saint-Christol ».
Pour participer, les joueurs doivent être munis d’au moins un Smartphone chargé. « Quand ils arrivent au domaine, je leur fais télécharger l’application sur laquelle est hébergé le circuit. Ensuite ils sont autonomes ! Je ne les accompagne pas dans ce qui est finalement une visite atypique du vignoble. Les jeunes qui aiment être sur leurs téléphones, ou sur celui de leurs parents, sont friands de ce type d’activité. Je propose ensuite une dégustation aux personnes majeures. L’activité est présentée à 15 euros par personne ; elle est gratuite pour les moins de 10 ans. En 2019, 500 personnes ont tenté l’escape game durant l’été. C’est une activité ludique, moderne qui peut se pratiquer toute l’année. »

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Publication MonViti.com, 7 septembre 2021 
Article par :
Séverine Favre

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Sophie Guinand, Domaine Guinand

Interview

Séverine Bourrier, Château de L’Ou

Propriété familiale depuis 1998, le Château de L’Ou à Montescot (66) est constitué de 65 ha de vignobles dont la totalité de la surface est conduite en agriculture biologique depuis plus de 20 ans…

Publication Break Events Group, 18 Août 2021
Propos recueillis par :
Bruno COFFINIERES

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Portrait de Séverine Bourrier du Château de L’Ou en Roussillon, créatrice de vins élégants

Propriété familiale depuis 1998, le Château de l’Ou à Montescot (66) est constitué de 65 ha de vignobles dont la totalité de la surface est conduite en agriculture biologique depuis plus de 20 ans..

Le Château de l’Ou, 140 000 bouteilles par an, 70% à l’export. Les vins produits reflètent une belle diversité issue des appellations Côtes du Roussillon villages, Côtes du Roussillon, IGP Côtes Catalanes, Muscat de Rivesaltes, Rivesaltes, Maury, le tout représentant pas moins de 140 000 bouteilles produites par an. Ces vins sont exportés à 70% (pays forts : Amérique du Nord, Asie). En France ils sont majoritairement vendus aux cavistes, restauration et particulier. Un magasin de vente accueille les visiteurs au domaine.

Le Château de l’Ou propose également une activité oenotouristique avec des circuits d’une journée basés sur la découverte sensorielle : parcours olfactif sur le domaine pour découvrir les arômes, parcours du toucher pour découvrir la sensation de minéralité et le soyeux, avant la dégustation et la visite des chais pour clore ces moments de partage. 

Tout recréer, il y a 20 ans : un beau challenge

Séverine rentre d’Afrique à 15 ans et s’installe dans sa ville natale, à Bordeaux. Un professeur d’école lui fait découvrir le milieu du vin, elle suit une formation de viticulture et d’œnologie. Elle débute sa carrière dans un domaine viticole de l’entre deux mers puis dirige une cave à Bergerac.

« Mon mari a acheté le Domaine des Pins en 1998, je l’ai rejoint en 2004. Nous avons d’abord voulu donner son identité au domaine en le renommant Château de l’Ou. L’Ou en Catalan, ça veut dire l’œuf. Le lieu-dit avait pris le nom d’une résurgence d’eau sur le domaine de forme ovoïde. Nous avons fait revivre cette symbolique de l’œuf qui avait du sens.  Et nous avons commencé à travailler, à tout créer et monter les gammes » explique Séverine Bourrier.

Au domaine, Séverine supervise l’ensemble : vinification, commercialisation, export. « Nous avons une équipe de neuf salariés permanents, deux à la cave et à la logistique, trois tractoristes et un chef de culture qui suit les travailleurs à pied ». Son mari, Philippe, ingénieur agronome, supervise toute la partie agronomique.

 

Les 4 grands terroirs du Château de L’Ou

La grande particularité du Château de L’Ou, ce sont ses 4 grands terroirs différents en Roussillon au sud de Perpignan à Montescot et sur la vallée de l’Agly : les marnes alluvionnaires de la plaine du Roussillon à Montescot, les schistes noirs de la vallée de l’Agly à Maury, les schistes mosaïques de la haute vallée de l’Agly à Saint Paul de Fenouillet, et les schistes noirs et argilo calcaire de la haute vallée de l’Agly à Caudiès de Fenouillèdes. Les cépages plantés : la syrah, le grenache noir, le grenache gris, le grenache blanc, le carignan, la roussanne, le viognier, le marselan.

De ces terroirs et cépages naissent les vins uniques de L’Ou : « Nous sommes créateurs de vins élégants, c’est notre leitmotiv. Nous souhaitons transmettre tout ce qu’on a pu recevoir de nos terroirs, de notre région ensoleillée, de ce climat fabuleux, avec une identité de fraicheur et d’élégance. Nous sommes la région de France aux plus petits rendements et la matière est bien présente. Il faut accompagner les vins, travailler sur la qualité. Nous arrivons à produire des vins extraordinaires » se réjouit Séverine Bourrier.

Traverser la crise sanitaire

Lors de la crise sanitaire, les salariés ont continué à travailler. « Nous avons essayé de maintenir l’activité ». La boutique du domaine ayant été fermée, la vente en ligne a été développée. « Lorsque les rencontres et les voyages ont été impossibles du fait des différents confinements, nous avons échantillonné nos clients et prospects. Cette stratégie d’échantillonnage nous a pris du temps mais nous avons réussi à conquérir de nouveaux clients récemment ».

Les prix ont été maintenus et Séverine est restée prudente lors des vendanges. « La refermeture de septembre 2020 nous a poussé à limiter notre production de rosés. Les blancs et les rouges peuvent vieillir, les consommateurs de rosés veulent un produit de l’année. Aujourd’hui évidemment on en manque mais c’est comme ça » indique-t-elle.

Les réunions zoom se sont enchainées, les clients ont été accompagnés d’une autre manière, via des drive notamment. « Nous nous sommes réinventés. Nous avons été très actifs sur les réseaux sociaux, une façon de transmettre des ondes positives, cela a pris du temps mais les efforts ont payé, nous pouvons le constater aujourd’hui ».

 “Nos engagements nous ont permis de tenir”

Séverine Bourrier fait partie des « Vinifilles », une association de femmes vigneronnes en Occitanie et des « Vins de femmes en Roussillon », association caritative de vigneronnes qui se mobilisent contre le cancer. « J’essaye d’être active dans ces réseaux car ils me nourrissent et apportent d’autres valeurs. Nous avons plaisir à nous retrouver ».

Elle a également monté un groupement de 8 producteurs du Languedoc-Roussillon « Passion du Sud » qui se sont associés juste avant le confinement. « 8 domaines, c’est une force incroyable ! Je suis la seule du Roussillon avec 7 Languedociens. Nous mutualisons une Direction Commerciale, une ADV et une plateforme logistique. Les commandes partent groupées ».

Ce groupement a notamment créé le « PassiBus » pour aller à la rencontre de ses clients sous la forme de tournées en juin 2020 et au printemps 2021 : un mini-bus les a transportés avec leurs vins de l’ouest, au nord de la France en passant par la Normandie. Un événement est créé à chaque étape chez un caviste. « Ces tournées ont créé une dynamique qui nous a mis du baume au cœur. On avait besoin de reprendre nos valises, c’était terriblement angoissant d’être obligés de rester sur place enfermés. Nos clients ont pu rencontrer des vignerons qui avaient la pêche ! Certains étaient au bout du rouleau, ça les a boostés. Et puis c’est chouette de voyager ensemble, ça nous a enrichi ».

 

Maintenir des rapports humains avec le salon Vinomed

« La crise a forcément modifié l’écosystème. Le numérique et les ventes en ligne se sont fortement développés. Un cap a été franchi, les gens chez eux veulent des réponses immédiates et on ne reviendra pas en arrière. La façon de travailler a changé, les salons en ligne ont rebattu les cartes, mais ça nous a épuisé. Nous sommes devenus des machines sans aucun rempart. Ça a perverti le métier en termes de temps. C’est étrange, nous aurons du mal à repasser à un régime plus normal » précise Séverine Bourrier qui poursuit : « Mais les clients auront toujours besoin de rapports humains, un coup de fil, un mail, une visite, un salon, ils en ont besoin. Le salon Vinomed à Montpellier répond à cette attente. Il donnera une chance aux clients de retravailler un peu d’une manière plus classique. C’est chouette de leur offrir cette possibilité. Il nous fallait un salon en région et je connais bien l’organisateur Break Events.

 Je suis optimiste. J’entreprends, j’aime ça, je ne sais pas m’arrêter. Ceux qui ont traversé cette crise verront la vie différemment désormais. On peut difficilement connaître pire et si on a résisté, on résistera à bien d’autres choses ».

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A noter également que Château de L’Ou a été récompensé au concours international des Syrah du Monde. 

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Publication :  Break Events Group, 18 Août 2021 break-events.net

Propos recueillis par : Bruno COFFINIERES

Credit photo : Hervé Leclair / Aspheries

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Chateau de L'Ou  participe à VinOmed

Diversité

Château la Borie

De retour en France après quinze ans en Californie, Raphaël Knapp a posé ses valises dans la vallée du Rhône, au Château La Borie. Son projet ? Réintroduire de la diversité et ouvrir le domaine sur le territoire..

Publication Mon Viti 26.07.2021
Article de : 
Irène Aubert

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De retour en France après quinze ans en Californie, Raphaël Knapp a posé ses valises dans la vallée du Rhône, au Château La Borie. Son projet ? Réintroduire de la diversité et ouvrir le domaine sur le territoire.

Planter de la lavande, des oliviers, installer des ruches… Raphaël Knapp a une idée assez précise de la manière dont il veut faire évoluer le Château La Borie, un domaine de 110 ha (dont 75 plantés en vigne et 35 ha de forêt) à Suze-la-Rousse (Drôme). Cet ancien importateur de vin a racheté le château à la famille Margnat, il y a trois ans, à la veille des vendanges 2018. Une plongée immédiate dans le grand bain.

Pour commencer l’évolution vers une exploitation qu’il souhaite plus « naturelle », son premier pas a été de commencer une conversion des vignes en bio dès 2019. Avec déjà quelques résultats liés à la suppression des herbicides : la flore s’est rediversifiée, les carences en fer ont disparu.

“Nous essayons d’aller vers le moins d’interventions possible, mais nous voulons aussi des vignes saines. Car si on peut toujours faire du mauvais vin avec un bon raisin, il est plus difficile de faire du bon vin avec du mauvais raisin, plaisante le nouveau vigneron”.

Avec un objectif ambitieux mais gardant les pieds sur terre, il a mis en place “des garde-fous” (un cabinet conseil et un œnologue) et peut compter sur son équipe de cinq salariés.

3 ha de cépages blancs

Petit à petit, Raphaël Knapp trace son chemin vers ses objectifs. De son ancien métier d’importateur de vin, il a conservé un goût pour le vin blanc et souhaitait en produire. Il a donc planté 1 ha et surgreffé 1 ha ce printemps. Un autre hectare devrait être planté l’an prochain. Au total, le domaine cultivera pas moins de sept cépages blancs : marsanne, roussanne, grenache blanc, bourboulenc, mais aussi viognier, rolle, clairette.

Une richesse qui aidera à diversifier la gamme des vins auparavant très centrée sur le côtes-du-rhône et le côtes-du-rhône-villages. Déjà, Raphaël Knapp a élaboré une cuvée 100 % cinsault, commercialisé en vin de France, et a relooké l’étiquette d’un rosé IGP.

Grève, gilets jaunes et pandémie

Le domaine commercialise entre 250 000 et 300 000 bouteilles par an, vendues entre 8,50 et 15 euros. Avec un gros marché sur Paris et ses restaurants. Autant dire que le contexte n’a pas été particulièrement facile ces trois dernières années, avec les grèves, les gilets jaunes, les confinements… et pour finir, le gel.

“Nous verrons à la vendange, mais nous pensons avoir subi 60 à 70 % de perte de rendement cette année à cause du gel, indique le vigneron”.

Économiquement, les choses vont peut-être s’équilibrer malgré tout, le domaine ayant souscrit une assurance. La petite récolte prévue cette année viendra régulariser des stocks.

Raphaël Knapp explique:

“Nous avons beaucoup mis en bouteille dès 2018, car nous souhaitons valoriser au mieux nos vins. Mais commercialement, les choses prennent du temps, notamment à l’export.”

En attendant l’ouverture de nouveaux marchés, en cours, Raphaël, sa famille et son équipe ont entrepris d’ouvrir le château au territoire. Un concert de musique classique, déprogrammé avant la pandémie, a pu avoir lieu en ce début d’été.

L’œnotourisme fait partie des projets, pour mettre en valeur ce site et ce bâti patrimonial. Pourquoi pas, un jour, organiser des séminaires avec son épouse, psychothérapeute ou inviter des artistes en résidence…

Publication : Mon Viti , 26 juillet 2021 voir l’article complet

Propos recueillis par : Irène AUBERT

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Clos bagatelle_ interview Christine Deleuze

Interview

Jacques Bilhac, Syndicat Terroir Pézenas

Au cœur du département de l’Hérault, le Syndicat Terroir Pézenas rassemble la quasi-totalité des producteurs de la dénomination Languedoc-Pézenas.

Publication Break Events Group, 6 juillet 2021
Propos recueillis par :
Bruno COFFINIERES

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Le syndicat Terroir Pézenas peaufine sa communication et participe à VinOmed

Pézenas en Languedoc

Au cœur du département de l’Hérault, Le Syndicat Terroir Pézenas rassemble la quasi-totalité des producteurs de la dénomination Languedoc-Pézenas. « Nous avons une quarantaine de structures adhérentes, caves particulières et caves coopératives. Elles sont regroupées dans 15 communes situées au nord de Pézenas » précise Jacques Bilhac qui en est le président depuis plus de 15 ans. Le vignoble s’étend sur une superficie d’environ 700 hectares. La production annuelle en AOP Pézenas est d’environ 6000 hl soit près de 800 000 bouteilles par an, qui sont commercialisées sur le marché national, en CHR, dans la grande distribution, à l’export selon les structures. Tous les segments sont représentés. La surface des entités peut aller de 3 à plusieurs centaines d’hectares (en superficie totale) et de 1 à une quinzaine d’ha (en superficie revendiquée en Pézenas).

 

Terroir et cépages

A Pézenas, le terroir se caractérise plus par son climat de faible pluviométrie et par une certaine homogénéité climatique avec des étés chauds, des hivers doux et des amplitudes thermiques assez importantes, que par sa géologie. Sur les zones classées de Pézenas, les sols sont d’origine très variées mais on distingue 3 grands types de sols : les sols schisteux, calcaires et les alluvions. D’importantes formations volcaniques, des coulées de basalte sont présentes dans les 15 communes de la dénomination. Les principaux cépages sont le grenache, la syrah, le mourvèdre, le cinsault et le carignan. « L’ensemble apporte à nos vins des tannins soyeux et une certaine finesse. Ils sont très souples très jeunes, fruités avec des notes épicées de poivre blanc et de garrigue. Ce sont des rouges exclusivement qui font d’excellents vins de garde » ajoute Jacques Bilhac.

 

Reconnaissance de l’appellation et communication régionale

Les actions du syndicat, c’est avant tout la défense du terroir : « Nous travaillons au développement de la reconnaissance de l’appellation, aujourd’hui nous sommes en Dénomination et le dossier de reconnaissance en appellation auprès de l’INAO est en fin de préparation ». Mais c’est aussi un travail de communication régionale : le festin de Molière dans un lieu différent chaque année, un diner créé par le chef étoilé Charles Fontes, pendant lequel les convives dégustent les vins en compagnie des vignerons et des vigneronnes de l’appellation, les estivales de Pézenas où le public découvre les grands vins du terroir autour d’assiettes fermières dans une ambiance musicale en aout. « Nous menons également des actions auprès des restaurateurs que nous invitons chaque année dans un lieu emblématique (terroir à la carte), et auprès des cavistes avec nos opérations millésime en février/mars. Nous sommes épaulés par l’infrastructure de l’ODG Languedoc pour l’organisation de ces événements » précise Jacques Bilhac.

Sortir de cette situation difficile provoquée par la crise sanitaire

« Le vigneron résiste. Ce métier nous broie si nous ne sommes pas résistants. La période que nous venons de vivre a été dure, nous voulons nous sortir de cette situation. L’année dernière, l’été a été porteur et a sauvé la saison après 3 mois de fermeture. Cette année, après la mévente de janvier février et mars, les mois d’avril et de mai ont comblé ce creux. Aujourd’hui les domaines accueillent plus de visites et nous espérons que les restaurants vont bien marcher. Il fait beau, les commandes affluent, nous avons l’espoir de bien travailler cet été et pour Vinomed, et bien nous espérons qu’il pourra se dérouler idéalement ».

 

Un salon à Montpellier ? j’ai vu ça d’un bon œil

Dans la continuité de ses actions, le syndicat participe régulièrement à des salons. Il était présent à Vinisud lorsqu’il se déroulait à Montpellier : « beaucoup de petites structures n’ont pas eu forcément les moyens financiers et les capacités de ventes pour suivre ce salon lorsqu’il a été centralisé à Paris. Paris, c’est forcément plus cher, dès que l’ont fait des longues distances, ça a un coût !

 Le fait que VinOmed soit à Montpellier nous a fait sauter le pas. A Montpellier nous n’aurons pas de frais de déplacements, ni d’hébergement. La subvention de la région avec son contrat RELANCE VITI nous a aidé. Il est né de la pandémie et il rend le reste à charge absorbable. Nous serons donc au complet sur un stand collectif Pézenas de 8 vignerons. Il y a eu un engouement, on a dû refuser du monde.

 Lorsque j’ai appris l’existence de ce salon VinOmed, j’ai vu ça d’un bon œil. Ça me semble de nature à permettre à notre viticulture de se développer. Le fait qu’il y ait si peu de salons professionnels dans la plus grande région viticole du monde, c’était surprenant. Les espérances sont variées mais nous offrirons une visibilité syndicale car nous sommes en quête de notoriété. Chacun aura ses objectifs, décrocher quelques marchés supplémentaires » conclut Jacques Bilhac.

Publication : Break Events Group, 7 juin 2021  break-events.net 

Propos recueillis par : Bruno COFFINIERES

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Clos bagatelle_ interview Christine Deleuze

Interview

Françoise Antech, Maison Antech à Limoux

 A Limoux dans l’Aude, Françoise Antech mène la Maison Antech avec rigueur et droiture, mais aussi avec un brin de fantaisie et d’innovations. 

Publication Break Events Group, 7 juin 2021
Propos recueillis par :
Bruno COFFINIERES

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A Limoux dans l’Aude, Françoise Antech mène la Maison Antech avec rigueur et droiture, mais aussi avec un brin de fantaisie et d’innovations

Limoux dans l’Aude, pays de bulles

La maison Antech est une entreprise familiale gérée aujourd’hui par la 6eme génération. « Elle a très souvent été transmise de génération en génération par les femmes sauf avant moi, puisque j’ai repris le flambeau à la suite de mon père et de mon oncle il y a 25 ans. Baptiste, mon fils de 25 ans vient tout juste de me rejoindre pour poursuivre l’aventure ». Basée à Limoux dans l’Aude, elle produit des vins effervescents de qualité en AOC Limoux, Crémant de Limoux, Blanquette de Limoux, et de l’ AOP Méthode Ancestrale. 800 000 bouteilles sont produites chaque année dont 70% expédiées à l’export dans une trentaine de pays : « L’export est en plein développement depuis ces 15 dernières années, nous vendons aux USA, au Canada, en Europe du Nord, l’Italie est un très gros marché, au Japon. En France, nos vins sont vendus essentiellement dans le circuit traditionnel et un peu dans la grande distribution » précise Françoise Antech.

Le terroir, c’est 80% du vin

La maison exploite ses propres vignes, 20 ha à 400m d’altitude et achète également du raisin à une quinzaine de vignerons de l’appellation. Avec à gauche la méditerranée, en face les Pyrénées et à droite l’Océan, le terroir de Limoux est au cœur de 3 zones climatiques sur la ligne de partage des eaux entre mer et océan matérialisée par le seuil de Naurouze. « Le terroir, c’est 80% du vin. Nos vins sont le résultat de l’alliance de la rondeur méditerranéenne et de la fraicheur des Pyrénées – pour des effervescents c’est extrêmement important. Cette combinaison à la fois languedocienne, méditerranéenne et océanique confère à nos vins une magnifique fraicheur et la tension nécessaire à l’élaboration de grands vins effervescents. L’altitude apporte l’acidité naturelle, la méditerranée l’exubérance et l’océan une vraie vinosité » ajoute-t-elle.

 

 Une transmission en douceur, une femme engagée

Après un passage chez L’Oréal à l’export de parfums et de cosmétiques, Françoise Antech est revenue au domaine avant ses 30 ans : « Limoux est le plus bel endroit du monde. Ma vie est ici ». Elle a souhaité poursuivre l’aventure et a pour cela été accompagnée pendant 20 ans par son père et son oncle : « Une chance, et une transmission de savoir toute en douceur dans laquelle j’ai pu m’exprimer tout en restant garante de l’héritage familial teinté de classicisme, des vins de rigueur et de droiture. J’ai aussi mes OVNIS, j’aime faire des vins différents, moins classiques avec plus de fantaisie ».  Dirigeante de la maison Antech, Vice-présidente du CIVL (Conseil Interprofessionnel des AOC du Languedoc et des IGP Sud de France), membre active des Vinifilles, Françoise Antech noue des rencontres, privilégie le partage et s’engage : « J’aime travailler en réseau, ça me convient très bien. Ces engagements sont importants : le CIVL c’est une mise en commun de savoir-faire pour valoriser le Languedoc. Les Vinifilles permettent le partage de compétences et d’expériences et l’entraide. Ces rencontres m’enrichissent et me nourrissent et j’essaye de leur apporter tout mon soutien en retour ».

Le confinement, une remise en cause a tous les niveaux, puis l’optimisme est revenu

Mars 2020 : « L’enfer, un tunnel sans lumière de 2 mois et demi, chiffre d‘affaire en berne, se demander si on va être malade, assumer ma responsabilité du chef d’entreprise, c’était compliqué ! Et j’ai eu de la chance car le 15 mars, mon fils est venu me rejoindre, ça nous a donné une énergie positive. On s’est remis en cause sur tout, réorganisation des services, des gammes, des packagings, du marketing, de nouvelles cuvées de vins tranquilles, lancement en cocréation de notre spritz PARDI, … sans le confinement rien de tout ça n’aurait pu être fait » ajoute Françoise Antech.

Puis l’entreprise a réouvert, les clients ont recommandé, particuliers, CHR, certains marchés extérieurs comme les USA ont été retravaillés : « Ça redémarre fort, la pression positive est revenue, l’optimisme revient et c’est tellement bien ! »

Bien avant la crise, ce marché de l’effervescent était déjà en plein essor notamment à l’export : « La France est un marché mature pour nos effervescents, c’est à l’export que nos vins se développent énormément. De plus en plus de pays l’apprécient, il y a une montée en gamme, c’est l’atout des méthodes traditionnelles françaises ».

PARDI, un véritable spritz « à la française » et drôlement bon !

PARDI, le spritz à la française est donc né de l’association des Maisons Antech et Kina Karo qui ont uni leur savoir-faire pour créer cet assemblage rafraichissant entre des bulles aériennes de Limoux et une liqueur épicée des corbières. « En mars 2020, nous nous sommes dit qu’il n’y avait pas de raisons de laisser les terrasses aux spritz Italiens ». La structure s’est mise en place en octobre et les premières livraisons ont eu lieu en mars 2021 chez les cavistes et les restaurateurs « tout a été vendu très rapidement et les résultats vont au-delà de nos espérances. C’est une liqueur 100 % naturelle obtenue par la macération de plantes qui s’associe avec un effervescent extra brut. Le PARDI est un spritz moins sucré que les spritz habituels, sans couleurs additionnelles, sans arômes artificiels. Il coche plusieurs cases : le local, le naturel, le propre, son packaging coloré est revigorant. Et vous savez quoi, le plus important ? C’est drôlement bon ! » ajoute Françoise Antech.

Le digital ne remplacera pas le reste : retrouver le client, retrouver les salons !

« Pendant cette crise sanitaire, le digital nous a permis de maintenir le lien et de travailler certains marchés. Tout le monde a été formé chez nous. Mais selon moi, il ne remplacera pas le reste. Il servira à établir le premier contact, ou à faire le point avec nos clients, mais dès que ce sera possible je saute dans le premier avion pour aller à leur rencontre. Nous avons hâte de les retrouver, de renouer contact, de faire goûter nos vins. Le vin c’est le partage.  Maison Antech sera présente à VINOMED les 25 et 26 octobre sur le stand des Vinifilles et sur le stand « Passion du Sud », un groupement de 8 vignerons créé pendant le confinement, un cercle vertueux pour la distribution ayant pour objectif de mettre leurs forces en complémentarité avec une base logistique en Vendée pour le CHR et les cavistes hors Occitanie qui ont ainsi accès à 120 références en une commande groupée.

« Quel bonheur, enfin un salon ! On en rêve ! VinOmed sera la première occasion de rencontrer le client, de lui parler en direct. Il nous permettra de retravailler le régional.  Sur les salons, il y a de l’ambiance, des échanges, on s’enrichit. On sera prêts pour VinOmed, la période en octobre est bonne pour les référencements de fin d’année. C’est une date idéale ».  

Publication : Break Events Group, 7 juin 2021  break-events.net 

Propos recueillis par : Bruno COFFINIERES

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Clos bagatelle_ interview Christine Deleuze

Interview

Christine Deleuze, Clos Bagatelle à St-Chinian

« Le vin, je suis tombée dedans quand j’étais petite ». C’est avec son franc parler que Christine Deleuze nous délivre sa recette : un zeste de création, une pincée de passion, toujours guidée par le plaisir et la lucidité nécessaire à la période.

Publication  Break Events Group, 3 mai 2021. 
Propos recueillis par :
Bruno COFFINIERES

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Le Clos Bagatelle à Saint-Chinian : quand le vin rime avec plaisir, passion et innovation

« Le vin, je suis tombée dedans quand j’étais petite ». C’est avec son franc parler que Christine Deleuze nous délivre sa recette : un zeste de création, une pincée de passion, toujours guidée par le plaisir et la lucidité nécessaire à la période.

Des générations de vigneronnes

Le Clos Bagatelle, qu’elle dirige avec son frère Luc Simon est un domaine familial transmis de mères en filles et de générations en générations depuis un siècle. Le domaine est très ancien puisqu’il date de 1623 et il appartenait déjà à cette époque à une femme, une comtesse.  « Nous avons retrouvé son sceau de forme ovale gravé dans un mur de la cave ». Christine et Luc appartiennent à la 5eme génération et la 6eme pointe le bout de son nez puisque Mathieu (27 ans) et Marie (22 ans) ont déjà intégré le domaine. « Doucement la transmission de génération s’opère et c’est intéressant, cela nous dynamise » se réjouit-elle.

60 ha et 380 000 bouteilles commercialisées par an en France, Europe, Canada et Asie

Le domaine de 60 ha s’étend sur quatre terroirs distincts. Les trois terroirs reconnus de l’appellation Saint-Chinian : les parcelles de la Lauze, l’origine, dans le creux de la Vallée sur une terre argilo-calcaire, les parcelles de Donnadieu sur les mamelons des collines constituées de schistes et les parcelles d’Assignan, composées de terrasses à 250 m. d’altitude sur un sol de grès, et 8 ha de muscat à St Jean de Minervois. « Nous produisons 380 000 bouteilles par an de rouge, rosé et blanc Saint-Chinian et Pays d’Hérault, Muscat St Jean de Minervois et IGP Pays d’Hérault.  50 à 60 % de notre production est distribuée à l’export, principalement au Canada, en Europe, et en Asie (Japon, Corée du Sud et Chine). En France, nos vins sont commercialisés auprès de la clientèle traditionnelle CHR » ajoute Christine Deleuze.

Se donner du temps, penser le long terme

Christine et Luc ont repris le domaine familial au décès de leur mère. Ils sont complémentaires, Luc gère le travail de la vigne et la cave avec le personnel. Ils vinifient ensemble, créent les cuvées ensemble. Christine est arrivée en 1994 après avoir été enseignante en marketing. Elle commercialise et gère le domaine. « Ce métier est prenant et il faut avoir la fibre vigneronne et paysanne. Il faut créer, innover, penser et gérer le long terme. La vigne est une plante qui doit durer une vie, une génération et le vin est un produit vivant. Il faut être combatif, durer, mais aussi se donner du temps long. Car acquérir une notoriété prend du temps, ça se construit. C’est le charme de ce métier : on apprend avec le temps » précise-t-elle.

Élégance, féminité, fraicheur

« Comment définir nos vins ? Ce sont les meilleurs ! » ajoute Christine avec un large sourire. « Nous élaborons 15 à 20 cuvées par an. Nos vins, ce sont nos enfants. Chacun a sa personnalité, sa particularité et son caractère. Dans l’ensemble nous sommes guidés par le plaisir et l’émotion et notre savoir-faire est de plus en plus reconnu avec le temps. Cette reconnaissance des amateurs, de nos clients nous procure un immense plaisir. Ils nous le disent : nos vins se caractérisent par une certaine élégance, un côté féminin, la fraicheur, même sur nos haut de gamme puissants ».

La crise sanitaire a tout changé.

« En mars 2020, nous sommes partis de la page blanche, une grosse remise en question. Quoi faire ? Nous nous sommes recentrés sur la production, j’ai commencé à tailler la vigne main dans la main avec nos collaborateurs, il n’y a pas de confinement dans une exploitation vinicole. Puis tout s’est remis en place et peu à peu, nous avons préparé l’après COVID. Après 25 ans d’export, je savais où aller, je savais que le marché allait reprendre. J’ai aussi démarché les USA, avec de beaux résultats » précise Christine.

Un marché en constante évolution

« Nos clients ont changé. La clientèle des cavistes de quartier ronronnait. Ces commerces de proximité se sont remis au goût du jour. Ils ont désormais grand plaisir à faire découvrir nos vins à de nouveaux clients, des clients différents, qui recherchent un conseil avisé et une relation humaine. Aujourd’hui les consommateurs vont vers tous les types de vins : des vins de découverte pour le soir, une belle bouteille pour un joli plat, un blanc à l’apéritif le weekend. Le vin reprend sa place doucement, on découvre, on apprend. Lors de cette curieuse période, les cavistes des centres-villes ont tiré leur épingle du jeu. Nous avons une cave en Bretagne qui a connu une jolie progression en 2020 par rapport à 2019 ».

Et un métier qui lui aussi évolue…

« Mais cela ne date pas de la crise sanitaire, ça date de bien avant ! Nous devons désormais montrer que nous travaillons proprement. C’est un engagement pour nous. Les normes évoluent : conversion AB, agriculture biologique, certification haute valeur environnementale, biodiversité, aucun vignoble ne pourra résister à cela. Les vins eux-mêmes doivent être plus digestes, plus frais, plus adaptés aux consommateurs d’aujourd’hui. Nous avons une réponse, notre région nous permet de nous adapter, d’innover. Outre les cépages de l’appellation comme le muscat à petits grains, le grenache, le cinsault, le carignan, le mourvèdre, la syrah pour les rouges, nous cultivons aussi des cépages extrarégionaux, le cabernet franc pour certains vins de pays, la roussanne, le très rare carignan blanc. Nous testons aussi de nouveaux cépages, plus résistants aux changements climatiques comme le cépage grec assyrtiko, le verdejo espagnol, l’alvarinho portugais pour les blancs ».

Les méthodes évoluent mais rien ne vaut la rencontre physique, seul moment où le temps s‘arrête…

« Pendant le confinement j’ai participé à des présentations en ligne avec des sommeliers, en anglais devant mon ordinateur avec un auditoire de 40 personnes, ce n’est pas évident. C’est bien, la remise en question est intéressante. Idem pour les rendez-vous en visioconférence, 10 mn pour se présenter et faire déguster, un autre exercice inhabituel. Mais rien ne vaut la rencontre physique qui permet de travailler plus en profondeur : se déplacer chez le client, l’accueillir chez le vigneron ou à proximité sur un salon professionnel. Nous vivons dans un monde de contact, le salon permet la rencontre, c’est le seul moment où le temps s’arrête dans notre métier, où tout le monde se retrouve ».

VinOmed, une opportunité à Montpellier en octobre

« 2020 aura été une année compliquée mais nous avons mis l’accent sur la qualité et comptablement, nous nous sommes moins déplacés et nous n’avons pas fait de salons. Ça a compensé. Lorsque les organisateurs de VinOmed m’ont contactée, je me suis d’abord dit : encore un salon ! Mais à y bien réfléchir, c’est une opportunité ! C’est un salon régional, à proximité ! La période aussi est intéressante. Il fait encore bon en octobre, les vins rosés embouteillés en janvier février se goûtent mieux. Et c’est enfin une occasion de rencontres, nous en avons tous besoin ! » ajoute Christine Deleuze.

Vinodixvins

Christine Deleuze s’est récemment associée avec un groupe de 8 domaines de Languedoc Roussillon qui garantit aux professionnels un confort commercial et logistique sous la bannière VINOXDIVINS. « Nous exposons à VinOmed pour nous retrouver et nous faire connaitre à proximité de nos lieux de production. VINODIXVINS, ce sont donc 8 domaines, en AOC : Corbières, Côtes du Roussillon, Côtes du Roussillon Villages, Tautavel, Languedoc Grès de Montpellier, Languedoc Montpeyroux, Muscat de Frontignan, Muscat de Mireval, Minervois, Rivesaltes, St Chinian, Pic Saint Loup, en CRU :  Minervois La Livinière, Maury, Terrasses du Larzac et en IGP : Hautes Rives, Saint Guilhem le Désert, Côtes Catalanes, Oc,…. Une belle gamme panachée, des expéditions groupées, un seul interlocuteur commercial, Vinomed sera notre premier salon de l’année ! »

Publication : Break Events Group, 3 mai 2021  break-events.net 

Propos recueillis par : Bruno COFFINIERES

Pour toutes informations complémentaires ou pour témoigner Bruno se tient à votre disposition. vinomed@break-events.com  

Clos bagatelle_ interview Christine Deleuze

Online

VinOmed devient un outil digital

Dès le 12 avril, producteurs et acteurs de l’oenotourisme participants à VinOmed, seront visibles gratuitement via une plateforme dédiée. Ils pourront y presenter leurs produits vinicoles et services oenotouristiques garantissant visibilité et échanges malgré le contexte sanitaire.

Publication  Break Events Group, février 2021

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Les grands rassemblements n’étant toujours pas autorisés en raison de la situation sanitaire, VinOmed, salon 100% méditerranéen des vins et de l’oenotourisme, aura lieu les 25 et 26 octobre 2021 à Montpellier. Le salon se maintient néanmoins, dès le 12 avril, en devenant un outil digital, ouvert aux acheteurs professionnels jusqu’à la date du salon physique. Ainsi nous garantissons, aux producteurs, une visibilité et des échanges prolongés malgré le contexte sanitaire.

Dès le 12 avril, les producteurs de vin seront visibles gratuitement via une plateforme dédiée où ils pourront y présenter leurs produits vinicoles et services oenotouristiques.

Régulièrement, pendant plusieurs mois, cette plateforme sera relayée à tous les visiteurs professionnels, nationaux et internationaux, prévus sur VinOmed, (cavistes, restaurateurs, distributeurs, importateurs, acteurs de l’oenotoursime, médias…). Ils pourront consulter les offres et solliciter directement les producteurs pour davantage d’informations ou demande d’échantillons.

Les 25 et 26 Octobre 2021, les vignerons rencontrent leurs clients et prospects sur le salon en présentiel à Montpellier.

Ils bénéficient ainsi d’une visibilité sur plusieurs mois incluse gratuitement dans la participation initiale. Pour en profiter dès le 12 avril, l’inscription doit être validée avant le 10 mars. Au-delà les inscriptions restent ouvertes jusqu’à un mois avant le salon physique, mais au plus tôt l’inscription est validée, plus vite ils rejoindront la plateforme en ligne pour une visibilité prolongée.

Les syndicats d’appellation, dont bon nombre sont motivés pour rassembler leur producteurs sur VinOmed sont déjà informés de ce changement et le soutiennent.

Publication Break Events Group, février 2021 break-events.net 

Pour toutes informations complémentaires, l’équipe de VinOmed se tient à votre disposition. Elle pourra vous accompagner dans cette démarche afin de profiter pleinement et gratuitement de cet outil digital mis a votre disposition.

vinomed@break-events.com  

France Gerbal Medalle, AOC Tourisme

Oenotourisme

Post Covid-19,

une chance à saisir

“La crise sanitaire que nous venons de traverser est sans précédent et surtout dans la courte échelle du temps du tourisme. Pensez-donc, nous sommes passés de 25 millions de touristes internationaux en 1950 à 1,5 milliard en 2019 et là… patatras une crise qui nous oblige à repenser le tourisme en profondeur…”

Article de France Gerbal Medalle, Aoc Tourisme juin 2020

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La crise sanitaire que nous venons de traverser est sans précédent et surtout dans la courte échelle du temps du tourisme. Pensez-donc, nous sommes passés de 25 millions de touristes internationaux en 1950 à 1,5 milliard en 2019 et là… patatras une crise qui nous oblige à repenser le tourisme en profondeur. Où allons-nous passer nos prochaines vacances ? Qu’allons-nous faire, découvrir ? Avec qui allons-nous partir ? L’œnotourisme sera-t-il gagnant ou perdant dans cette nouvelle composition de l’offre touristique ?

Le travail réflexif et prospectiviste de Jean-Michel Blanc [1] pour Futuribles nous donne des pistes intéressantes pour envisager l’avenir à court et moyen terme de l’œnotourisme en France en prenant en compte non seulement la dimension économique du fait touristique, mais aussi le fait que le tourisme est un fait culturel et social.

Ainsi les trois scénarios envisagés mettent en avant pour le post-COVID-19, des mega-trends :

  • une relocalisation du tourisme : régional ou national celui-ci sera domestique même si certaines catégories de personnes pourraient ne pas être au rendez-vous cette année comme la clientèle sénior (groupes 3ème âge) ou la clientèle affaires (MICE) [2],
  • de nouvelles attentes de la clientèle vers un tourisme durable, plus respectueux des ressources et des hommes, des formes « plus douces »,
  • un développement des solutions numériques permettant d’innover, de communiquer et de rassurer,
  • un accroissement de l’attractivité des résidences secondaires et du tourisme non-marchand (chez des amis, des parents…).

Ces quatre tendances sont toutes à la portée des vignerons et des caves. L’œnotourisme doit pouvoir y répondre pour être « gagnant » dans cette période.

Tout d’abord, l’œnotourisme doit être pensé, plus encore que d’habitude, comme l’expression d’un tourisme local, ancré dans le terroir, valorisant la rencontre avec un producteur, un « artisan vigneron » et faisant la part belle au circuit court. La rencontre d’un vigneron, la découverte d’un terroir pour acheter un vin local.  C’est par essence un tourisme durable. Loin de la visite standard, qui décrit le process de vinification, proposé traditionnellement, c’est une visite « racontée » [3] qui parle de vous vigneron, de votre histoire, de votre savoir-faire que les gens viennent chercher. Prenez le temps, pensez « slow tourisme ». Enfin votre clientèle estivale et automnale est à portée de main, les résidences secondaires, les locaux sont autant d’ambassadeurs de votre offre et vos clients, chouchoutez-les. Communiquez plus régulièrement avec eux. Donnez-leur envie de venir (re)découvrir votre domaine en créant des moments de rencontres privilégiés et expérientiels. Le numérique offre de formidables outils d’intermédiation entre vous et vos visiteurs. Il faut s’en saisir pour communiquer sur toute la chaîne du tourisme :

  • en amont lorsque le visiteur rêve et imagine son séjour,
  • pendant ce dernier pour l’aider, le guider, le rassurer ou l’informer
  • et après son voyage, pour prolonger ses souvenirs.

Les vignerons ont entre leurs mains toutes les cartes pour faire de la reprise du tourisme une chance pour eux et pour la filière. Saisissons-les ensemble.

France Gerbal Medalle, Aoc Tourisme  

Une signalétique particulière sera mise en place sur le salon Vinomed pour les producteurs proposant ce type de prestations afin de créer un parcours oenotourisme. Des tour-opérateurs et agences de voyages seront également invités à visiter le salon.  

[1] BLANC JM, 2020, « Le tourisme post-Covid-19 : perspectives à l’horizon 2021 Vers un tourisme raisonné ? » https://www.futuribles.com/fr/viewer/pdf/8986/

[2] Tout du moins pour le temps court

[3] Storytelling

France Gerbal Medalle, AOC Tourisme

Vins Rosés

Le changement climatique menace aussi les vins rosés

Légèreté, finesse, fraîcheur… Ces atouts des vins rosés sont menacés par le dérèglement climatique. Pour les faire perdurer, les viti­culteurs testent des cépages plus ­résistants et modifient leurs pratiques.

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Le réchauffement climatique et son cortège de sécheresses et de grosses chaleurs menacent-ils à terme la production des rosés, leur finesse et leur fraîcheur ? De la Provence au Val de Loire, en passant par le Rhône ou le Bordelais, les producteurs se préparent à ces nouvelles contraintes en travaillant sur ­l’introduction ou la réintroduction de cépages plus résistants et en modifiant les pratiques culturales dans la vigne. Ironie de l’histoire, l’augmentation des températures comme l’extension des périodes de chaleur sont presque des atouts pour les rosés, vins particulièrement plébiscités l’été, même si leur consommation tend à s’étendre tout au long de l’année.

La production de rosé a progressé dans le monde de plus de 30 % en quinze ans, malgré un recul en 2017 (– 10 %) dû à de faibles récoltes en Europe (Espagne, Italie et France, trois pays qui produisent plus de la moitié des rosés mondiaux). Côté consommation, la tendance est encore plus forte, révélant une augmentation des volumes de près de 30 % entre 2002 et 2017, avec une baisse de l’appétence pour les rosés sucrés contrebalancée par le succès des secs, selon les chiffres publiés par ­l’Observatoire mondial des vins rosés. La demande est tellement forte que, pour la troisième année d’affilée, la production ne suffit pas. Selon l’Observatoire, le déficit, en 2017, serait de 3,2 millions d’hectolitres, pour une production globale de 20,3 millions. Une situation qui concerne aussi la France, toujours championne du monde en production et en consommation de rosés.

« On essaie de développer les surfaces de production, car on ­n’arrive pas à répondre à la demande. Entre 2017 et 2020, 750 hectares sont prévus pour l’extension de l’aire d’appellation des côtes-de-provence. Mais la compétition est rude entre les espaces urbains, viticoles et boisés, surtout dans le Var », explique Brice Eymard, le directeur du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), dans cette région qui a fait du rosé sa carte de visite (90 % des vins produits).

Les nouvelles attentes alimentaires et sanitaires – moins d’alcool et moins de sucre – semblent aussi inciter à la consommation de vins plus légers. Et le rosé est bien positionné pour y répondre.

Plébiscité notamment par les jeunes, le rosé (comme le blanc) profite du relatif désamour pour le vin rouge. À Bordeaux, après une progression assez nette, puisque les rosés représentaient 1 % du volume des vins voilà une trentaine d’années et 4 % aujourd’hui, soit 26 millions de bouteilles annuelles quand même, la production reste stable. Dans un vignoble consacré d’abord aux rouges (84 % de la production en 2018) puis aux blancs, le rosé n’est pas pour autant anecdotique. « Avec la baisse d’appétence pour les rouges, il faut être en mesure d’offrir des rosés de qualité. Pour cela, nous avons des cépages tardifs qui marchent bien, comme les cabernets francs et les sauvignons », indique Bernard Farges, président du syndicat de l’AOC bordeaux et bordeaux supérieur et de l’AOC bordeaux rosé.

L’objectif est de reprendre des parts de marché aux rosés ­provençaux, qui dominent jusque dans les restaurants du littoral atlantique, dans les spots touristiques que sont le bassin ­d’Arcachon ou Lacanau. « Nous devons travailler pour être mieux connus, mieux goûtés et mieux achetés », insiste Bernard Farges, qui rappelle l’histoire ancienne de cette couleur, puisqu’elle remonte au Moyen âge, avec le French claret – très apprécié des Anglais, il s’agissait en réalité d’un rouge léger.

Autre grande région productrice, le Val de Loire se targue d’une progression de la consommation de ses rosés tendres et secs. « Nous avons fortement l’intention de développer les rosés secs dans le Val de Loire, de Nantes à Blois, et certains producteurs de rouge vont peut-être s’orienter vers les rosés, car les modes d’alimentation changent, avec des vins qui seront bus hors repas ou pour accompagner des plats plus légers », témoigne Laurent Ménestreau, président de la Fédération viticole d’Anjou Saumur et président de la commission économie et prospective d’InterLoire.

Les nouvelles attentes alimentaires et sanitaires – moins d’alcool et moins de sucre dans le vin – semblent aussi inciter à la consommation de vins plus légers. Et le rosé est bien positionné pour y répondre. À condition toutefois de garder ses caracté­ristiques. « Robe claire, arômes fruités, finesse et fraîcheur, voilà ce que recherchent la grande majorité des acheteurs. L’ensemble des régions, tout en gardant leurs caractéristiques, veulent répondre à cette demande », professe Gilles Masson, le directeur du Centre du rosé, à Vidauban (Var). Or ce sont justement ces qualités qui sont menacées par le changement climatique, avec des sécheresses trop importantes et des chaleurs plus fortes qui modifient les maturités du raisin. « Avant, on atteignait 13° le 15 septembre, maintenant, c’est le 15 août. Bien sûr, on peut vendanger plus tôt, mais cela ne règle pas le problème. Ce n’est pas qu’une question de sucre. Le rosé, c’est un équilibre très sensible, qui prend certes en compte le sucre, mais aussi l’acidité, les polyphénols [molécules qui sont à la base des tannins, notamment], les pigments de couleur… », explique encore Gilles Masson.

« Les menaces sont déjà là, avec la sécheresse certaines années, mais aussi les orages de grêle, les gels tardifs, les fortes pluies, les pressions sanitaires… Les années où ces aléas sévissent, 15 % de pertes environ sont enregistrés. » Brice Eymard, du CIVP

Dans les vignobles, la plupart des viticulteurs sont déjà au travail pour contrer les changements en cours. Au château de Berne, à Flayosc, dans le Var, l’œnologue confirme l’analyse. « Les rosés de Provence plaisent pour leur équilibre en bouche et leur couleur, bien sûr. Au château de Berne, on ne recherche pas le côté exubérant, on veut de la finesse. Et on a un problème en vendangeant de plus en plus tôt, ce qui veut dire au mois d’août, car les nuits restent chaudes et le raisin a besoin de fraîcheur après les chaleurs du jour », avance Alexis Cornu, qui travaille depuis trois ans sur le problème du réchauffement climatique.

Par nature, le viticulteur, et l’agriculteur en général, fait face aux aléas de la nature. Et les régions viticoles se sont adaptées, empiriquement parfois, aux changements déjà survenus. Car le dérèglement climatique a des effets divers. « Les menaces sont déjà là, avec la sécheresse certaines années, mais aussi les orages de grêle, les gels tardifs, les fortes pluies, les pressions sanitaires… Les années où ces aléas sévissent, nous enregistrons 15 % de pertes environ. Et, sur les dix dernières années, quatre ont été marquées », confirme Brice Eymard, du CIVP. Alors, les viticulteurs n’ont d’autre choix que de modifier certaines de leurs pratiques. Les solutions existent, pas toutes élégantes, telles la désalcoolisation ou l’acidification, détaille Gilles Masson. Selon lui, il faut travailler en amont, « revenir vers la nature, pour s’adapter au changement climatique » : « Nous devons revisiter la façon de travailler le sol et le feuillage de la vigne, pour protéger les grappes des coups de chaud, avec des ombrières, l’orientation et l’espacement des rangs, le mélange avec d’autres cultures ou expérimenter des techniques de taille nouvelles. »

Ces conseils valent bien sûr quelle que soit la couleur du vin. Mais pour le rosé, qui revendique la fraîcheur, l’enjeu est essentiel. De nouveaux cépages plus résistants pourraient aussi venir à la rescousse, pour faire face aux conditions actuelles et futures. En Provence, par exemple, le caladoc et le rousselie sont testés. Le Château de Berne a jeté son dévolu sur ce dernier, exclu de l’appellation dans les années 1960 car jugé trop tardif et trop quantitatif. Appelé autrefois roussanne du Var – alors qu’il n’a aucun lien de parenté avec la roussanne – ou encore rosé du Var, ce cépage aux baies charnues pourrait être réintroduit dans le cahier des charges des côtes-de-provence. « Il n’est pas très aromatique, mais c’est un excellent complément. Le rousselie apporte une certaine sapidité, une présence en bouche indispensable pour nos rosés », indique Alexis Cornu.

Au-delà du goût, l’enjeu principal est bien de pouvoir continuer à produire, comme le développait Gilles Masson lors des ­Rencontres internationales du rosé qui se sont déroulées à Marseille le 22 janvier : « Si on ne change rien, le risque principal, c’est la baisse significative des rendements et le fait que la variété et la typicité des rosés ne soient plus identifiées. »

N’hésitez pas à venir découvrir sur Vinomed les vins rosés de nos producteurs

Extrait de : Le Monde.fr | Article publié le 02 juillet et écrit par le journaliste Rémi Barroux. https://www.lemonde.fr/m-gastronomie/article/2019/07/02/le-changement-climatique-menace-aussi-les-vins-roses_5484367_4497540.html

Œnotourisme

Un voyage au cœur des vignes

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En France, les régions viticoles sont de grandes destinations touristiques qui proposent une grande diversité de produits. Un tiers des touristes cite le vin et la gastronomie comme motivations de choix d’un séjour.

Les enjeux liés à l’économie de l’œnotourisme sont importants tant pour l’accroissement de la fréquentation des régions viticoles que pour stimuler la vente des vins. Il s’agit d’une filière clé pour la destination qui porte en son sein des valeurs d’art de vivre, de quête de sens, d’échanges et d’expériences, en parfaite cohérence avec les attentes actuelles des touristes. Il s’agit d’un marché porteur au plan économique mais aussi au niveau culturel, le vignoble tenant une place incontestable dans l’image et la notoriété de la France à l’étranger.

Entre Méditerranée et Pyrénées, le Roussillon s’offre à vous infiniment !

Avec 320 jours de soleil par an, 40 kilomètres de plages de sable fin, des montagnes et des vignes à perte de vue, le Roussillon offre un environnement paradisiaque pour déguster ses vins rouges, blancs, rosés et ses célèbres vins doux naturels.

Riche de paysages aux multiples facettes, le Roussillon vous invite à vous ressourcer en vous délectant de ses produits de terroir et de ses grands vins. Entre terre et mer, le Roussillon bénéficie d’un climat ensoleillé, chaud, propice à la culture de la vigne. C’est un amphithéâtre ouvert sur la Méditerranée à l’est, bordé de trois massifs : les Corbières au nord, les Pyrénées avec le mont Canigou à l’ouest et les Albères au sud. La plaine est drainée par trois fleuves : l’Agly, la Têt et le Tech.

Néophyte, connaisseur ou simple curieux, empruntez la route des vins du Roussillon, pratiquez… et devenez des experts ! Partez à la découverte du vignoble et rendez visite aux vignerons, négociants et caves coopératives du Roussillon, où vous dégusterez des vins d’exception.

Grenache noir et blanc, carignan, syrah, macabeu… Au total 23 cépages poussent sur des sols variés et entrent dans la composition de 14 AOP et 3 IGP. Il n’y a donc pas un vignoble, mais des vignobles en Roussillon et une gamme riche et diversifiée de vins avec chacun sa spécificité, sa personnalité et sa place dans l’univers de la gastronomie…

Venez rencontrer les producteurs du Roussillon sur le salon Vinomed.

Extraits de : Atout-France.com/Oenotourisme ET visitfrenchwine.com/visiter-vignoble-du-rousillon_oenotourisme